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Un poumon vert nommé Houlouve

Une plaine, un fleuve, un lieu de vie et de biodiversité

La Plaine d’Houlouve illustre la création d’un lieu de vie, son entretien et sa capacité à préserver et à développer une biodiversité riche et variée. Zoom sur un lieu unique dans Le Boulonnais.

La décision de créer une zone verte en cœur de ville remonte aux années 90. À cette époque, maire, Jean Colombel décide de réserver cet espace à la création d’un stade de foot et voit dans ces pâtures l’occasion de développer un grand jardin pour les habitants. L’idée de La Plaine d’Houlouve est lancée. Sa réalisation se concrétisera en 1998. Pour ce faire les élus iront chercher des subventions avec l’adjoint aux travaux de l’époque en tête, Monsieur Duterte. «Notre but était de créer un espace de détente et de promenade pour les wimillois. À ce moment-là, l’Europe voulait contribuer à développer les espaces verts sur le territoire communautaire. Nous n’avons pas hésité un seul instant pour aller solliciter des fonds auprès d’elle ». Ainsi,en 1998, les travaux sont lancés, la Plaine d’Houlouve est née.

Durant l’été 2012, Sébastien Mézière du Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale organise une balade découverte de la Plaine. Il se rend compte alors des premiers effets positifs de la gestion différenciée mise en place par la municipalité.

Des demoiselles bleues de nouveau dans la plaine

Lors de la visite dans la plaine d’Houlouve Sebastien Mézière avait été très intrigué de la présence de caloptéryx éclatant. Et pour cause cette libellule bleue était devenue quasiment introuvable dans le Boulonnais. Pourtant son habitat est fait de zones humides et marais qui ne manquent pas sur le territoire. Aussi ce retour est jugé comme un bon indicateur de la gestion différenciée mise en place sur ce site. Ce signal n’est pas le seul. L’Argiope Frelon est une très belle araignée au camouflage jaune et noir fait de belles rayures. Elle est considérée comme rare au nord de la Loire. Aussi, sa présence dans le Nord-Pas-de-Calais est un indice d’une biodiversité qui s’est remise à fonctionner. En effet, il faut savoir que cette espèce se nourrit essentiellement de criquets et de sauterelles. Sa toile est caractérisée par un dessin en zigzag. Elle y capture ses proies préférées.

Un indice de bonne santé une chaîne alimentaire continue

Cette chaîne alimentaire provient du fait que la tonte des herbes ne se fait pas d’une manière rase et permet la reproduction de ces insectes. Ainsi la belle tisseuse devient elle-même un mets délicieux pour certains oiseaux insectivores. Les présences de la libellule bleue et de l’araignée rayée indiquent que la gestion différenciée mise en place par la municipalité sur ce secteur commence à porter ses fruits... Ainsi, l’observateur attentif découvrira dans la Plaine d’Houlouve une vraie richesse. Du côté des roselières des mares, c’est un petit oiseau le Rousserolle effarvatte des marais qui s’épanouit à l’abri des regards. Son nid est accroché à des tiges de roseau suspendu au-dessus de l’eau jusqu’à un mètre de haut. Il est fait de feuilles de roseaux, de tiges et d’herbes en forme de coupe. Comme tous les habitants des milieux naturels, ils ne détestent pas être observés, mais leur habitat est fragile. Aussi, toile d’araignée, nids et autres doivent être respectés.

« Au printemps, il sera également facile d’observer de beaux papillons bleus. S’ils s’épanouissent aussi facilement, c’est que l’équilibre est bon » précise le guide du Parc Naturel Régional avant d’ajouter « Les trames vertes, malgré la proximité d’une urbanisation comme la ville de Wimereux, ne semblent pas disjointes.» C’est dans cet état d’esprit de conservation et de développement de la biodiversité que la municipalité avait ainsi commandé une première étude d’impact avant tout nouveau développement immobilier. Ainsi, cette étude a déjà permis de mettre en place des corridors verts et vise à restaurer les points de jonctions manquants.

Une flore sous surveillance permanente

Du côté de la flore il faut savoir que 182 espèces sont recensées dans la Plaine d’Houlouve. Des choix sont nécessaires afin de limiter que telle ou telle espèce domine. D’autant plus que la présence de certaines plantes invasives comme laséduisante Balsamine de l’Himalaya ont tendance à s’accaparer l’intégralité des sols. Outre qu’elle exerce une forte compétition vis-à-vis des espèces indigènes en place qu’elle étouffe, elle déstabilise les berges et les talus, et peut envahir un cours d’eau et gêner son écoulement. Ses belles fleurs ne sont qu’un leurre.

Une autre plante devient de plus en plus envahissante, c’est le buddleia du père David ou plus communément appelé arbre aux papillons. Malgré son aspect esthétique cette plante demeure néfaste pour l’épanouissement des autres espèces végétales. Et ce n’est pas faux ! Si ses fleurs nourrissent effectivement de nombreux papillons adultes, ses feuilles ne sont consommées par aucune de leurs chenilles. Là où il est très présent, il occupe la niche écologique d’espèces autochtones qui n’ont pas résisté à sa concurrence et qui ne pourront donc servir de support au développement aux autres chenilles. On parle alors de piège écologique. Pour les arbres, si l’entretien et l’élagage présentent parfois un aspect peu esthétique, c’est pour mieux les implanter dans le temps, maîtriser leur croissance et fournir des abris à la faune variée du lieu.

Du côté de l’eau et notamment des mares, la proximité avec la mer apporte une salinité dans les mares dès que le coefficient de marais dépasse 80. Ce facteur est limitant pour introduire des espèces dans les surfaces humides. Il faut savoir que pour l’entretien des berges du Wimereux comme pour ces mares, la municipalité doit faire une demande dans le cadre de la loi sur l’eau. Elle est en cours. Cette dernière encadre en effet tout ou en partie les interventions sur les cours d’eau. Il faut savoir qu’une mairie ne peut intervenir directement pour retirer les sédiments et alluvions qui se sont déposés au cours des années sur les bords de ses rivières, fleuves et autres. Cette loi sur l’eau a pour but de permettre la reconquête de la qualité et la continuité écologique des cours d’eau. Toutefois un faucadarge des roselières a été réalisé en 2012 et dès l’accord du ministère de l’écologie, un curage sera programmé.

Toujours en évolution

La municipalité développe une gestion harmonique de la Plaine d’Houlouve, en y introduisant une gestion différenciée et en axant sa politique sur un équilibre doux entre les pratiques des usagers de la Plaine et le respect des écosystèmes.

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