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André Klein : Retrousser les manches, écrire passionnément

Regard de boxeur… celui qui lit

Tout de suite on pense au regard du boxeur qu’à été André Klein.Tout de suite on pense à ses nombreux adversaires qui sur le ring ont vu arriver cet homme de petite taille au doux re­gard croisé de cette aptitude à trouver la faille de la garde. Bien trop tard. Le punch s’abattait déjà sur les malheureux les renvoyant dans les cordes. André Klein a été boxeur à l’époque où le noble art était un sport extrêmement po­pulaire : La France entière était pendue aux exploits de Marcel Cerdan, Laurent Dauthuile, les frères Famechon, Théo Médina. Au niveau amateur, on parlait d’un certain André Klein qui possédait le don de Dieu au bout des poings. C’est une de mes grandes déceptions : ne pas être passé pro. J’ai vécu cela comme une terrible injustice. Alors que d’anciens adver­saires que j’avais envoyés au tapis passaient pro, de mon côté il ne me manquait qu’un match pour le devenir...

André Klein a aujourd’hui 80 ans. Il a traver­sé le xxème siècle et habite avec conviction le xxième . Enfant hongrois turbulent et bagarreur, la guerre le rattrape à l’âge de 12 ans pour le jeter dans l’horreur de la déportation. Les bombardements, la faim qui n’en finit pas et vous envahit tout le corps, c’est la peur tous les jours. Libéré par les russes, commence alors une quête pour retrouver les proches survivants. Le petit André arrive en France, grandit avec le handicap de l’étranger qui ne comprend pas la langue. Cette french story démarre en 1945. Toujours guidé par la soif d’apprendre, d’échanger, de partager, il sera apprenti, patron d’une société de près d’une centaine d’ouvriers, Président de la puissante fédération régionale du bâtiment du Nord-Pas-de-Calais (élu 2 fois de suite à l’una­nimité), président du tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, représentant du patro­nat au Prud’hommes, toujours boxeur (prési­dent du Boxing Club Boulonnais), décoré de la médaille de l’Ordre National du Mérite et … conseiller municipal de Wimille,

Bâtir est plus dur que démolir. Cela a l’air fa­cile à dire mais discuter, construire un projet autour de la réflexion et des attentes de cha­cun n’est pas une mince affaire.

Je reste admiratif des élus. Je sais à quel point il est dur de gérer les affaires d’une ville.

Son histoire André Klein la raconte dans son deuxième livre Une vie au-delà des Carpates

J’ai commencé à écrire dans les premières années de ma retraite. Je voulais avant tout laisser des petits pense-bêtes à mes en­fants et petits-enfants. Un peu pour qu’ils se souviennent que notre route fût pleine d’em­bûches, mais aussi riche de rencontres et de ce qu’elles vous apportent. Comme je ne sa­vais pas taper à la machine à écrire, je me suis tourné vers un ami journaliste : Roger Lemaire. C’est lui qui au bout de 500 feuillets m’a pous­sé à les relier sous forme de livre. C’est ainsi qu’André Klein sortira trois livres témoignages. Sans effet de style, c’est une tendresse infinie qui nous guide dans les pas du petit André en culotte courte, de ses parents De la Picardie aux Carpates aux Brèves du bâtiment.

Sports de combats, celui qui écrit

Son quatrième livre aborde le sport. Le sport y est décrit dans ce qu’il a de plus animal, la rage de vaincre. De la boxe aux échecs, l’écri­vain s’amuse avec les certitudes de ceux qui pensent que courir après un ballon ne sert à rien et de ceux qui pensent que le sport est un loisir comme un autre. C’est un combat à chaque fois ! Même lorsque vous participez à un gala de danse, malgré le trac, le regard des centaines de spectateurs et les yeux vitreux du jury, vous comme les autres, avez envie de gagner, de combattre. Comme sur le ring, comme ses idoles Marcel Cerdan ou le général De Gaulle, André Klein a toujours été guidé par la passion de l’humain, le respect de l’éthique : Mêmes droits, mêmes devoirs.

La volonté de livrer quelques réflexions dans un petit lexique sportif pousse encore un peu plus André Klein sur le ring… de l’écriture.